Mécanisme de stabilisation, européen (parfois aussi

mécanisme de stabilité et fonds de crise de l’euro), MES (European Stabilisation Mechanism, ESM) : Mécanisme définitivement adopté par les responsables politiques européens en mars 2011, qui a remplacé le Fonds européen de stabilité financière en mars 2012. – Du point de vue organisationnel, le MES est une nouvelle structure sur le modèle du Fonds monétaire international. L’organe de direction est un conseil des gouverneurs dont les membres votants sont les ministres des Finances des pays de la zone euro. Cet organe décide à l’unanimité de l’attribution, du montant et des conditions des aides financières. Toutes les autres décisions sont prises à une majorité de quatre-vingt pour cent, la pondération des voix suivant la clé de répartition du capital. Le siège du MES est à Luxembourg. L’ancien fonds de crise, le Fonds européen de stabilité financière, a continué à fonctionner jusqu’en juin 2013, date à laquelle il a été intégré au MES. – Les dispositions importantes sont les suivantes : – Le MES est doté d’un capital de 800 milliards d’euros. Sur ce montant, 500 milliards d’euros peuvent être prêtés ; 300 milliards d’euros servent de réserve. 80 milliards sont versés en espèces par les États membres de la zone euro en tant que capital souscrit. – Les contributions au MES de la part des différents membres sont déterminées selon une clé de répartition basée sur la part du capital de la BCE. – L’Allemagne contribue à hauteur de 27,15 % des versements en espèces et du capital appelable ou des garanties, ce qui représente 21,7 milliards d’euros. A cela s’ajoutent 168,3 milliards d’euros pour lesquels l’Allemagne doit se porter garante avec du capital appelable ou des garanties. Les versements au MES sont pris en compte dans la dette publique au sens du traité de Maastricht – le niveau de la dette ne doit pas dépasser soixante pour cent du produit intérieur brut – mais pas non plus dans le déficit budgétaire – le nouvel endettement net annuel ne doit pas dépasser trois pour cent du produit intérieur brut ; voir également l’art. 140 du TFUE. – Le Fonds monétaire international doit augmenter de moitié la somme totale disponible pour les prêts. Les 500 milliards d’euros seront ainsi complétés par 250 milliards d’euros supplémentaires. – Le MES ne peut accorder des prêts aux États membres que si la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble est menacée. En outre, les prêts sont liés à des conditions de politique économique et financière. – Des clauses de rééchelonnement de la dette (CAC) seront insérées dans tous les emprunts émis par les États de la zone euro à partir de 2013. Selon ces clauses, les créanciers privés peuvent être impliqués au cas par cas si un État ne peut plus honorer ses dettes. On a toutefois renoncé à une implication obligatoire des créanciers privés. – Le MES bénéficie d’une position privilégiée par rapport à tous les autres créanciers, à l’exception du Fonds monétaire international ; ses créances doivent être honorées en premier. – Le MES peut en principe aussi acheter des obligations d’État de membres menacés. – Si un membre ne remplit pas ses obligations de paiement envers le MES, les autres États doivent automatiquement injecter des capitaux. Etant donné que des pays fortement endettés comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne doivent également apporter une partie du capital, un défaut de paiement semble ici en vue ; l’Allemagne devrait alors faire face à de nouvelles charges. – Les critiques à l’encontre du MES soulignent que les membres de la zone euro ont renoncé au pacte de stabilité et de croissance par la petite porte. Le MES invite à mener une politique économique et financière inconvenante en comptant sur l’aide de la Communauté (aléa moral) ; les inquiétudes exprimées à l’égard du Fonds européen de stabilité financière se sont renforcées. De fortes inquiétudes ont également été exprimées du point de vue du droit public. En effet, l’octroi d’une garantie (l’Allemagne a garanti à elle seule 168 milliards d’euros au printemps 2011 en faveur de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal) déclenche une procédure au terme de laquelle l’obligation de payer des sommes très élevées peut être imposée, sans que le parlement allemand n’ait la moindre influence. Tout cela est contraire à l’article 125 du traité de Lisbonne, qui exclut les obligations d’assistance mutuelle. – Les questions constitutionnelles liées au FESF et au MES sont devenues à elles seules un domaine particulier de la jurisprudence. Le 18 mars 2014, la Cour constitutionnelle allemande a rejeté plusieurs recours contre le MES. Les interprétations et les commentaires sur ce jugement sont nombreux. Toujours est-il que le risque de responsabilité allemand ne doit pas automatiquement dépasser les 190 milliards d’euros négociés ; chaque augmentation doit être décidée par le Bundestag.- Globalement, le MES peut donner du temps pour résoudre les problèmes structurels de certains États membres de l’UEM ; le chemin d’ajustement (adjustment path) dans les pays concernés est ainsi étalé dans le temps et donc considérablement facilité. Toutefois, le MES ne peut pas, à lui seul, apporter la solution attendue. – A l’été 2013, les chefs de gouvernement des Etats participants ont décidé que le MES pouvait également aider les établissements en difficulté. Certes, le montant disponible pour la recapitalisation directe des banques a été plafonné à 60 milliards d’euros. Mais le conseil des gouverneurs du MES peut augmenter cette somme si cela est jugé nécessaire. – Le MES peut également acheter des obligations d’État de membres fragiles sur le marché secondaire. Il convient toutefois de noter que la notion de “marché secondaire” n’est pas définie dans le temps. Une banque peut par exemple acquérir des obligations d’État en tant qu’acheteur primaire (first buyer) et revendre ces titres au MES – dans un cas extrême (in an extreme case) en une seconde. – Voir Automatisme d’ajustement, grève des investisseurs, renflouement, Blame game, interdépendance des contrats d’échange sur défaut, dysfonctionnement, lié à la zone monétaire, Agence européenne de la dette, Union monétaire européenne, erreur fondamentale, Mécanisme européen de stabilité, paquet Euro Plus, bilan de la BCE, stabilité financière, pacte budgétaire, crise grecque, pression des pairs, crise irlandaise, japonisation, mouvement perpétuel, pince politique, retard politique, crise portugaise, sauve-qui-peut, Paquet de sauvetage, porteur de risque, définitif, dette de l’ombre, Etat de l’ombre, semestre, européen, solidarité, financière, compte bloqué, pression de la dette publique, pacte de stabilité et de croissance, erreur fondamentale, union de transfert, redistribution, déséquilibres induits par la banque centrale, interne à l’UEM, taxe sur la fortune, endettement-productivité-enchaînement, fidélité au traité, fait de croissance-endettement, historique, promotion de la croissance, mobilisation des forces de croissance. – Cf. bulletin mensuel de la Deutsche Bundesbank de février 2011, p. 72 s. (problèmes prévisibles en cas d’achats du MES sur le marché secondaire), bulletin mensuel de la Deutsche Bundesbank d’avril 2011, p. 53 s. (mesures visant à éviter d’autres crises de la dette publique), bulletin mensuel de la BCE de juillet 2011, p. 76 s. (présentation détaillée ; aperçus utiles, évaluation ; références bibliographiques), bulletin mensuel de la Deutsche Bundesbank de novembre 2011, p. 43 (primes pour les obligations d’État des Pigs depuis 2009), Rapport annuel 2012 de la BCE, p. 150 s. (entrée en vigueur du traité ; accords visant à renforcer la capacité financière du MES ; autres décisions des chefs d’État et de gouvernement), Bulletin mensuel de la Deutsche Bundesbank de février 2012, p. 66 s. (présentation et évaluation du MES).

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Professeur d’université Dr. Gerhard Merk, Dipl.rer.pol, Dipl.rer.oec.
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Merk, G. (Hrsg.): „Mécanisme de stabilisation, européen (parfois aussi“. In: Finanz- und Wirtschaftslexikon. https://www.gerhardmerk.de/mecanisme-de-stabilisation-europeen-parfois-aussi/ (Stand: 27.08.2022).

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